L’actualité du mouvement B Corp

B Inspired, B Corp.

« Un nouveau paradigme pour l’économie, une force positive pour l’intérêt général. »

C’est ainsi que Jonathan Normand, fondateur et directeur exécutif de B Lab (Suisse) ouvre le forum B Corp qui se tient à Lausanne le 29 mai 2018 dans le chaleureux espace d’Impact Hub. Le forum se veut une interface pour dialoguer et faire connaître le mouvement des entreprises certifiées B Corp, mouvement qui a pour objectif de changer le monde des affaires, rien que ça! La brève introduction du directeur suisse de l’ONG internationale B Lab est claire: l’entreprise de demain sera B Corp ou ne sera pas ! Au-delà de la présentation de l’outil d’évaluation gratuit pour équiper les entreprises ainsi que de la certification indépendante proposée incluant l’aspect légal dans le processus, ce fut l’opportunité de partager les fondements de l’économie inclusive aux 70 participant-e-s.

« Les Benefit Corporation, B Corp, ont un objectif commun, qui est redéfinir la notion de succès dans les affaires! Présent dans plus de 50 pays dans le monde, ce mouvement souhaite créer une économie inclusive qui se fonde sur les cinq vecteurs suivants: participatif, équitable, durable, stable et de croissance. »
Tout cela repose sur la prise de conscience, le sens et l’envie d’agir maintenant. Pour s’inspirer de celles et de ceux qui font le mouvement en Suisse, place donc aux entreprises avec le premier « B Talk » d’Olivier Ferrari de CONINCO, Explorers in Finance dont il est CEO, entreprise certifiée B Corp depuis janvier 2018. La société qui est active dans le domaine du conseil financier, n’a pas eu à révolutionner sa méthodologie ni à drastiquement modifier la façon dont elle gérait ses affaires pour obtenir la certification, l’esprit « B Corp like » étant déjà intégré par nature.

En quoi alors le processus de certification leur a-t-il apporté quelque chose ? Tout d’abord, ce n’est pas un processus statique, les outils fournis permettent une amélioration continue grâce, entre autres, au processus de re-certification qui a lieu tous les 18 mois. Ensuite, être B Corp c’est aussi appartenir à une communauté partageant des valeurs communes et une vision d’une économie sociétale circulaire.

La réflexion amenée par l’outil du BIA et les questions pratiques soulevées se sont aussi révélées être une méthodologie formatrice et motrice dans la conception et la création d’organisations. Comme nous l’explique Mathilde Pellen, cheffe de projet junior chez Alaya, l’outil du BIA s’est avéré être une méthodologie formatrice et inspirante dans la conception et la création d’Alaya. L’outil a été utilisé comme guide d’apprentissage dans la phase de conceptualisation. Il est souvent plus simple de bien démarrer que de revenir en arrière sur des pratiques bien ancrées par le temps. D’ailleurs la communauté B Corp a un statut prévu pour les start-up souhaitant rejoindre le mouvement mais ne possédant pas encore la documentation nécessaire pour obtenir la certification. Il faut croire que l’exercice réalisé par Alaya a aussi été moteur de succès car depuis maintenant quelques semaines elle est certifiée en tant qu’entreprise B Corp et connaît une croissance soutenue !

Votre curiosité a maintenant dû être éveillée et vous voulez sûrement en savoir plus sur l’évaluation BIA. Tout d’abord il s’agit d’un outil entièrement gratuit et confidentiel que vous trouverez ici. En créant un compte vous accéderez dans un premier temps à une version courte de l’évaluation qui aborde les sujets de l’impact de l’entreprise sur ses collaborateurs et collaboratrices, sur l’environnement et sur la collectivité. Vous serez aussi amené-e à réfléchir sur la façon dont votre gouvernance intègre un impact positif. Une fois cette version courte finalisée et dès que vous êtes prêt-e, vous pouvez passer à l’évaluation complète qui comprend environ 200 questions. Nous vous conseillons pour ce faire de former une équipe au sein de l’entreprise qui portera le projet de l’évaluation en interne et qui assurera la complétion du questionnaire. Ainsi vous pourrez valoriser l’exercice et les discussions qui seront créées autour du processus de certification.

Lors du forum nous avons aussi eu le plaisir d’entendre Marie-Laure Guinard, responsables RH chez Codalis, nous affirmer que tout type d’entreprise peut avoir un ADN qui s’aligne avec les thématiques abordées par le BIA et plus largement avec le mouvement B Corp. Codalis étant active dans l’IT, un domaine qui n’est classiquement pas perçu comme un champ où l’on donne une importance particulière à l’impact sociétal et environnemental. Néanmoins, comme toute entreprise, ses pratiques influencent son environnement (social au même titre qu’écologique), et pour Codalis il a toujours été une valeur centrale que chaque collaborateur et chaque collaboratrice se sente bien et valorisé-e. Non seulement l’évaluation est faite pour toute entreprise de toute taille et de tout secteur, mais le projet peut aussi être démarré en ligne par n’importe quel collaborateur ou collaboratrice.

Christophe Barman, co-fondateur de Loyco, nous le rappelle : l’essentiel est de savoir pourquoi vous faites ce que vous faites. La plupart des entreprises savent ce qu’elles font, il y en a déjà beaucoup moins qui savent comment atteindre leur buts (science de la performance vs engagement). Savoir en plus quel est le sens derrière les actions, pourquoi vous le faites est le facteur clé du succès. Redéfinissons ensemble la notion de succès dans le monde des affaires, B the change !

Suite aux interventions des B Corp, nous avons pu échanger autour des pratiques de cinq B Corp suisses qui ont tenu des tables rondes sur les thèmes de :

  • Responsabilité sociale entre les mains des collaborateurs-trices –  animée Mathilde Pellen d’Alaya
  • Chaîne d’approvisionnement responsable – animée par Dan Witting de Baabuk
  • Prise de décisions au sein de l’entreprise – animée par Marie-Laure Guinard de Codalis  
  • Investissement durable – animée par Olivier Ferrari de CONINCO, Explorers in Finance
  • Bien-être et efficacité – animée par Christophe Barman de Loyco

Nous remercions cordialement toutes les intervenantes et tous les intervenants pour leurs contributions variées et pour avoir partagé avec le public leurs parcours différents, qui ensemble, forment le mouvement B Corp !

Nous remercions également les participant-e-s. Nous espérons que ce forum a éveillé en vous un intérêt et nous nous réjouissons de suivre les nombreuses demandes faites !

B Corp dans le canton de Vaud

« Un label pour (ré)concilier économie et durabilité » – tel a été nommé le label B Corp dans le journal Demain de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie. Le mouvement B Corp rassemble des entreprises mettant en oeuvre des bonnes pratiques.

Comment s’y prend-il ? Lisez l’article pour en savoir plus sur le mouvement et venez participer au Forum B Corp qui arrive pour la première fois à Lausanne le 29 mai 2018.

Cette soirée sera l’occasion de se laisser emporter dans le monde des entreprises qui ont intégré dans leur mission un engagement pour entreprendre autrement : avoir un impact sociétal et environnemental positif, tout en ayant une excellente performance financière. Ceci est au cœur du mouvement B Corp. Venez vous inspirer de ceux qui ont franchi le pas dans votre région. Ils nous parleront de leurs motivations et de leurs expériences en tant qu’entreprises certifiées.

Si vous aussi vous vous demandiez comment répondre aux objectifs du développement durable de manière pragmatique ? Comment vous positionner pour soutenir une économie inclusive ? Comprendre le concept de performance globale ? Ce rendez-vous est pour vous !

Déroulement de la soirée :

17h30 introduction de Jonathan Normand, directeur de B Lab (Suisse) & mot d’accueil de Amanda Byrde, Impact Hub

17h40 le mouvement B Corp du point de vue de l’entreprise; interventions des B Corps certifiées :

  • Olivier Ferrari, CONINCO, un partenaire reconnu dans la gestion institutionnelle, philanthropique et le développement durable.
  • Marie-Laure Guinard, Codalis, prestataire informatique pour PME.
  • Christophe Barman, Loyco, prestataire de services administratifs innovants permettant à ses client-e-s de se concentrer sur leur cœur de métier.
  • Mathilde Pellen et Olivier Eyries, Alaya, une solution innovante pour l’engagement solidaire de collaborateurs-trices et responsabilité sociale d’entreprise.

18h40  groupes de discussion avec des B Corps certifiées (Alaya, Baabuk, Codalis, CONINCO, Loyco)

19h00  buffet dînatoire offert par B Lab et Loyco (B Corp certifiée)

Veuillez noter que l’événement est gratuit mais l’inscription est obligatoire. Inscrivez-vous maintenant.

Nous nous réjouissons de vous accueillir et de partager un moment inspirant tous ensemble.

 

Ouverture des inscriptions pour le programme Best for Geneva 2018

Best for Geneva 2018 a été dévoilé dans le cadre de l’événement GE=Ci2 organisé le 22 novembre 2017 par le Département de la sécurité et de l’économie (DSE). Ce programme ambitieux et unique au niveau européen est développé et mis en place par l’association à but non lucratif B Lab (Suisse), l’antenne nationale de l’organisation de renommée internationale B Lab.

Projet transversal par nature, il bénéficie du soutien conjoint de l’État de Genève et d’une trentaine de partenaires de l’écosystème genevois, qu’il s’agisse des acteurs académiques, d’entreprises de la place, d’organismes de soutien aux entreprises, d’entités autonomes de droit public ou d’associations faîtières.

Best for Geneva 2018 est ouvert aux entreprises genevoises, de toutes tailles et de tous secteurs, intéressées à développer et améliorer leurs pratiques sociales et environnementales.

Concrètement, le programme qui est entièrement gratuit offre une solution d’accompagnement aux entreprises pour mettre au point une stratégie de durabilité, intégrée à l’activité économique. Il est reconnu largement de la société qu’il est nécessaire d’agir pour les générations futures et ce programme est une chance unique pour collectivement mettre en place des pratiques qui font la différence.

En engageant largement l’écosystème genevois, Best for Geneva 2018 propose de former, équiper et célébrer toutes les entreprises du Canton qui souhaitent s’inscrire dans un modèle économique qui intègre la croissance de façon participative, stable, durable et solidaire. Il agit comme un levier pour valoriser des emplois de qualité, renforcer les liens avec la collectivité tout en préservant l’environnement.

Mesurer l’impact de ses activités est aujourd’hui, pour une entreprise, un atout économique non négligeable et le garant d’une image de marque crédible auprès du public. Best For Geneva propose à la fois un éventail de mesures opérationnelles réalisables à court terme et des recommandations de changements permettant de modifier à moyen et long terme son modèle d’affaires. Une réponse directe à l’Agenda 2030 concernant l’implication au niveau national du secteur privé dans la mise en oeuvre des 17 Objectifs de Développement Durable, tels que définis par les Nations Unies

Gratuit pour les entreprises participantes, Best for Geneva 2018 se déroule sur 12 mois par le biais de éléments suivants :

  • Évaluation de l’impact de l’entreprise par le biais d’un questionnaire en ligne de 60 questions;
  • Accès à des ateliers et formation aux entreprises par le biais d’une trentaine d’ateliers co-organisés et co-animés par des acteurs de l’écosystème genevois, visant à améliorer les pratiques des entreprises évaluées et à créer des espaces de dialogue;
  • Participation à quatre événements destinés à valoriser les expériences menées par les acteurs économiques en matière de développement durable, à échanger sur les opportunités et les expertises à disposition sur le territoire genevois et à inciter de nouvelles entreprises à prendre part au programme;
  • Présentation des résultats et célébration des entreprises ayant participé au programme Best for Geneva 2018.

Fort d’un engouement confirmé par la pré-inscription de 180 entreprises avant même l’ouverture des inscriptions, le programme réserve quelques surprises; celles-ci seront dévoilées lors du premier événement qui aura lieu le 13 mars 2018. Incsription et information sur le programme sur le site web: www.bestforgeneva.ch

Contact pour la presse :
Jonathan Normand, Program Leader & Directeur exécutif B Lab (Suisse)
022 319 69 31 | 079 174 54 14 | jnormand@blab-switzerland.ch

Journée de rencontre de Genève Lab

Les changements amenés par le numérique doivent-ils nous amener à inventer ou réinventer l’éthique dans ce domaine ?

Cette question va guider la 26ème journée de rencontre de Genève Lab, organisée en partenariat avec la Fédération des entreprises romandes Genève (FER Genève). Le directeur de B Lab (Suisse), Jonathan Normand, sera présent pour parler de l’économie inclusive et les enjeux du numérique comme relais de croissance et pour partager la vision pragmatique sur la responsabilité et l’éthique entrepreneuriale portée par le mouvement « B Corp », plus de 2300 entreprises dans le monde.

Quand : Mardi 14 novembre 2017, de 14h à 18h

Où : rue de Saint-Jean 98, 1201 Genève

Merci d’obtenir votre billet gratuit en avance ici. L’inscription est obligatoire.

Programme Journée de rencontre de Genève Lab 2017

La semaine de la valeur à Fribourg

B Corp participe à la semaine de la valeur :

La 3ème semaine de la valeur à Fribourg s’approche ! Elle se tiendra du 6 au 9 novembre à la Haute Ecole de Gestion de Fribourg. Le but de cette semaine est de célébrer les créations de valeur(s) et de faire diffuser les méthodes d’Analyse de la Valeur(s) à toutes les organisations suisses. Dans la matinée du 9 novembre Sofia de Meyer, directrice et fondatrice de la B Corp certifiée Opaline, interviendra pour partager sa vision et son expérience sur l’entreprenariat responsable. Son intervention sera suivie par celle de Jonathan Normand, qui parlera de la certification internationale pour les entreprises durables, B Corp.

Cette semaine est ouverte à tous et à tout moment. Vous pouvez participer à un atelier d’échanges d’une demi-journée, suivre une conférence en matinée ou en soirée ou passer une journée entière à échanger avec les nombreux professionnels présents. Ici vous pouvez trouver le programme entier de la semaine. Venez nombreux !

Communiqué de presse – 6 entreprises suisses lauréates Best for the World 2017

12 septembre 2017

Aujourd’hui l’organisation à but non lucratif B Lab, à l’origine du programme de certification globale qui sert de référence pour les entreprises qui défendent des principes éthiques et environnementaux, a dévoilé une liste de 846 entreprises innovantes qui sont au niveau mondial lauréates pour le prix « Best for the World 2017 » (liste et critères de sélection à consulter sous http://bftw.bthechange.com).

Parmi ces entreprises qui sont issues de 75 industries différentes et de 25 pays, figurent 6 lauréats suisses qui sont  :
Opaline | Loyco | Conser | GlobalanceBank | Softweb | Cause Direct

Les lauréats suisses font partie des 10% d’entreprises «B Corp» les plus performantes dans une ou plusieurs catégories de l’évaluation B Impact Assessment qui est la norme la plus rigoureuse au monde pour mesurer l’impact de l’activité d’une entreprise.

Pour Jonathan Normand, Directeur de B Lab (Suisse) « ces entreprises lauréates Best for the World 2017 incarnent le changement et sont aujourd’hui des leaders au sein du mouvement des personnes se servant de la force du monde des affaires pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux. Chez B Lab nous sommes fiers de faire connaître ces entreprises qui alignent leurs stratégies en mesurant les impacts qu’elles ont sur la société».

Les lauréats suisses, se retrouvent aux côtés d’entreprises internationales comme Patagonia, Triodos Bank, D-Orbit, Thermaflex ou encore Squiz.

Que représente cette distinction Best for the World ?
Chaque année, B Lab distingue les entreprises certifiées « B Corp » qui ont les meilleurs scores d’évaluation d’impact au niveau mondial. Les entreprises distinguées font partie du cercle très restreint des 10% d’entreprises certifiées avec les meilleurs scores. Il y a différentes distinctions qui récompensent à la fois les entreprises avec les meilleurs scores globaux ainsi que celles avec les meilleurs scores dans chaque catégorie individuelle du B Impact Assessment :

Communauté / Environnement / Collaborateurs / Clients / Long terme / Changemakers / Impact Global

Toutes les informations liées à Best for the World sont disponibles sous : http://bftw.bthechange.com.

B Lab est à l’origine du programme de certification globale le plus reconnu et complet au niveau international pour les entreprises qui défendent des principes éthiques et environnementaux. Ce mouvement repose sur la vision qu’un jour toutes les entreprises cherchent à se dépasser non seulement pour être la meilleure du monde, mais également la meilleure pour le monde, afin que la société puisse prospérer sur le long terme, au bénéfice de tous.

A ce jour, ce sont ainsi plus de 60’000 entreprises dans le monde, dont 900 en Suisse qui lui ont fait confiance et ont effectué une évaluation de leurs impacts sociétaux et environnementaux. Plus de 2’200 entreprises ont déjà été certifiées à travers le monde et se font appeler « B Corporation ».

A travers une méthodologie très rigoureuse, B Lab aide à ce changement systémique en:

  1. créant une communauté d’entreprises certifiées B Corp pour faciliter la différenciation entre les «bonnes entreprises» et un bon marketing;
  2. développant des cadres juridiques pour les entreprises afin de permettre aux entrepreneurs d’avoir la liberté de créer de la valeur pour la société aussi bien que pour les actionnaires;
  3. aidant les entreprises à mesurer, comparer et améliorer leurs performances sociales et environnementales grâce à l’évaluation gratuite B Impact Assessment;
  4. amenant des capitaux par des investissements d’impact grâce à B Analytics et à la plate-forme GIIRS.

 

 

 

 

 

Nouvelle génération : nouvelles règles et opportunités

Comment les nouvelles générations investiront-elles demain leur argent?

Les investisseurs souhaitant harmoniser leurs investissements à des initiatives conformes à leurs valeurs progressent toutes catégories d’âge confondues, mais plus particulièrement parmi les milléniaux. Les investisseurs d’impact ne se distinguent pas des investisseurs classiques par leurs outils de financement, leurs produits ou les marchés dans lesquels ils se concentrent, mais plutôt par les motivations qui sous-tendent leur investissement.

Les investisseurs d’impact visent à maximiser l’impact social et environnemental et sont donc plus enclins à miser sur le moyen et long-terme. Ce qui est coutumier quand on souhaite soutenir l’économie réelle et non des titres d’entreprises listé publiquement.

Les milléniaux sont en train de transformer l’agenda des investissements car ils veulent investir de façon responsable. En effet les jeunes de cette génération estiment que les placements financiers doivent refléter leurs valeurs sociales, politiques et environnementales. Ils ne veulent pas seulement augmenter leur patrimoine : beaucoup de milléniaux veulent contribuer aussi aux objectifs sociaux et environnementaux à travers leurs investissements.

Ainsi selon une étude conduite par l’Institute for Sustainable Investing de Morgan Stanley de 2015,  les milléniaux sont deux fois plus enclins que le reste de la population à investir dans des entreprises ou fonds socialement responsables et durables. Le comportement des jeunes investisseurs aura d’énormes conséquences dans un avenir proche car les milléniaux sont en train d’accumuler un grand patrimoine qui est généré de manière cohérente à leurs perceptions de durabilité.

Selon un sondage réalisé cette année par PWC « en 2020 la génération X et les milléniaux contrôleront plus de la moitié de tous les actifs disponibles soit environ 30’000 milliards de dollars ». Les gérants de patrimoine doivent donc d’ores et déjà se remettre en question et inventer de nouveaux outils afin de répondre aux attentes de cette jeune audience à la recherche de plus d’authenticité et responsabilité dans leurs placements.

Si l’on place cela à l’échelle des actifs en circulation (environ 75 Trillons) on peut clairement affirmer que nous ne parlons plus de tendance, mais de nouveau paradygme, tout en faisant la distinction entre les investissements ESG et l’investissement d’impact selon tableau ci –dessous.

« en 2020 la génération X et les milléniaux contrôleront plus de la moitié de tous les actifs disponibles soit environ 30’000 milliards de dollars » 

Les facteurs de durabilité croisés

La conscience sociale et environnementale de la génération « Y » est plus aiguë que celle de leurs aînées dans leur démarche d’investissement et de consommation. Les milléniaux ne sont pas seulement plus enclins à considérer le facteur durabilité dans leurs investissements, mais aussi dans leur vie quotidienne. Deux tiers des personnes sondées confirme chercher un emploi dans une entreprise concernée par des questions sociales ou environnementales. En outre, ils orientent leurs dépenses vers  des produits ou services ayant un impact social et environnemental positif.

Ainsi les milléniaux sont deux fois plus enclins que la population totale à acheter un produit ou service d’une entreprise responsable (15% des milléniaux comparé avec 7% de la population totale). De plus, les acheteurs milléniaux sont 40% à contrôler la durabilité du produit sur les emballages par rapport au 22% de la population totale.

Selon une autre étude, publiée par Nielsen «  En 2015, 66% des consommateurs dans le monde se déclarent prêts à payer plus cher pour des produits et services issus d’entreprises engagées dans le développement durable (contre 55 % en 2014) ». Une attente particulièrement forte au sein de la génération Y où ce pourcentage atteint 73%. Aussi les entreprises ont intérêt à intégrer cet élément de durabilité dans leur stratégie afin de ne pas être pénalisées dans le futur.

En effet, les marques qui n’ont pas intégré le développement durable dans leur stratégie encourent de nombreux risques. La responsabilité sociale est un élément essentiel pour construire une réputation et les entreprises qui s’engagent dans cette voie réussissent mieux que les autres à attirer les meilleurs talents, les investisseurs, les partenaires et surtout les consommateurs.

« 66% des consommateurs suisses sont désireux de payer plus  pour consommer responsable ».

En résumé, les marques qui font écho de leur implication en matière de responsabilité sociale et environnementale auprès des plus jeunes consommateurs d’aujourd’hui ont non seulement l’opportunité d’accroître leur part de marché, mais aussi de fidéliser ces milléniaux de demain.

Toujours selon Nielsen, les entreprises qui mettent le développement durable au cœur de leurs activités connaissent un développement de leur chiffre d’affaires de +4% contre moins de 1% pour les autres. Signal claire d’un nombre croissant de consommateurs dans les pays développés, l’engagement durable est plus qu’une valeur ajoutée, c’est un réel impératif.

Positionnement du secteur privé face à cette génération des milléniaux ?

Selon une étude sur les milléniaux de Deloitte 2016, la génération « Z » a une image négative des entreprises. Cette génération est porteuse de valeurs et est en recherche de sens dans son travail. Ils sont conscients des enjeux sociaux et environnementaux et s’engagent pour les générations futures. La politique de durabilité d’une entreprise est déterminante pour eux et représente une exemplarité fondamentale.

En outre, deux tiers des employés issus de la Génération Y expriment l’envie de quitter leur entreprise actuelle d’ici 2020. Pour autant, beaucoup des jeunes professionnels interrogés affirment vouloir rejoindre des entreprises qui partagent leurs valeurs. Pour leurs employeurs, il y a donc urgence à revoir les leviers d’attractivité s’ils veulent éviter de voir filer une grande partie de leurs effectifs.

L’émergence des approches de gouvernance bienveillante et d’innovation sociétale sont clairement une solution pour les acteurs du secteur privé afin de se différencier, d’être plus résilient, d’attirer et conserver les talents actuels et futurs.

Transformation du secteur privé pour répondre à ces défis

Confirmer son positionnement dans un monde qui doit urgemment relever tant de défis majeurs (17 objectifs de développement durable des Nations Unies) nécessite une nouvelle économie inclusive (préserver et restaurer le capital naturel, droits de l’Homme). Et bonne nouvelle, en plus de la mobilisation des organisations à but non lucratif et des entreprises sociales, nous pouvons compter sur la force du secteur privé pour relever ces défis.

Depuis 20 ans nous avons vu l’émergence des labélisations de produits (Fairtrade, Bio, etc), démarche qui nécessite d’être complétée par la mesure de l’ensemble des impacts/pratiques de l’entreprise. (Gouvernance, Collaborateurs, Communautés, Environnement) ainsi que de leurs modèles d’affaire. L’orientation vers une stratégie de durabilité intégrée est claire, toutefois elle doit pouvoir être mesuré tangiblement avant d’être communiqué aux parties prenantes.

Mesurer ce qui compte vraiment

L’émergence de mouvement international comme «  le mouvement B Corp » peut aider les milléniaux (consommateurs ou investisseurs) et la société civile plus largement à identifier les acteurs alignés avec leurs valeurs. Ils sont essentiels à une économie qui fonctionne pour tous, mais y compris pour permettre la confiance, la compassion, la collaboration et la création de valeur.

À cette fin, en 2006, l’ONG B Lab a été créée avec l’intention de « faire évoluer le capitalisme ». Le mouvement B Corp, Acronyme de Benefit Corporation, les B Corp veulent mettre les performances de leur entreprise au service de l’intérêt général. Une forme légale dans certains pays et une certification dans les autres.

Tout commence par la plateforme d’évaluation gratuite « Benefit Impact assessment » qui regroupe plus de 200 bonnes pratiques sociétales et environnementales, tout en définissant des indicateurs de suivis. Cette plateformes est l’une des plus grandes bases de données au monde de mesure d’impact. Utilisé par plus de 45’000 entreprises, chacune participe à l’enrichir et fait d’elle une vrai « Open Innovation » d’intérêt général.

Le processus rigoureux d’évaluation et de vérification, réalisé par l’ONG  B Lab, permet aux entreprises d’avoir une feuille de route pour s’améliorer autant sur les aspects opérationnels que sur leurs modèles d’affaires. Des pratiques holistiques pour agir dans le respect des communautés et de l’environnement tout en développant une gouvernance participative tant demandée par les talents de demain.

Les entreprises certifiées B Corps attirent notamment de nombreux investisseurs (actuels et milléniaux) désireux de soutenir une économie de la durabilité. Cette attraction est aussi liée au fait que les BCorp sont soumises à une révision (indépendante) de leur modèle d’impact sociétal et d’affaires (données financières et non-financière).

En résumé les B Corps font ce qu’elles disent et au-delà de leur certification, elles envoient un signale claire sur leur engagement à leurs parties prenantes qui les perçoivent comment pionnières et authentiques.

Innover aujourd’hui pour construire demain une économie prospère et durable, rejoignez le mouvement.